Vous connaissez déjà les délicieuses Pénélope Bagieu et Margaux Motin, stars incontestées des blogs écrits par des filles et qui
s’adressent –surtout– aux filles. C’est aujourd’hui leur benjamine, Diglee, qui est à l’honneur. Nous avons profité de sa venue à Paris
à l’occasion du Festiblog pour l’interviewer. Cette pétillante fan de
mode et de la série Sex in the City a créé son blog à 19 ans seulement. Alors étudiante dans une école d’art lyonnaise, elle se fait repérer grâce à Internet par des éditeurs et clients, qui
lui passent des commandes. Deux ans après la naissance de son site, qui enregistre de 6 à 9 000 visites par jour, Diglee en prépare l’adaptation papier. Récit d’une success story made in
web.
Pourquoi avoir créé un
blog?
A cause de mon cher et tendre, qui en tenait
un. À l’époque, il y a environ deux ans,
je ne connaissais rien à
Internet et je n’étais même pas connectée chez moi. Grâce à lui, j’ai vu qu’ouvrir un blog était simple et que la communauté était très dynamique. Au départ, je voulais simplement
montrer mes travaux d’école. Très vite, les lecteurs ont commencé à me suivre et
je suis devenue dépendante du blog! Tout a commencé lorsque j’ai posté une
petite histoire de vacances, dans laquelle une petite fille me faisait innocemment remarquer que j’avais du poil aux jambes et de petits nénés. Cela a tout de suite généré des réactions des
lecteurs, qui réclamaient la suite. Le site est devenu
un journal girly où je raconte mes histoires.
Aviez-vous en tête de suivre la mode "blogs de filles"?
Je ne me suis pas posé la question de savoir si j’entrais dans un créneau précis. Je ne connaissais pas les blogs BD. J’ai découvert Laurel grâce à ses albums, avant de la lire en ligne. C’est un ami qui m’a fait découvrir Pénélope Bagieu, et je me
suis ensuite aperçue que je m’inscrivais dans cette tendance. Je n’ai pas une vie passionnante, je parle simplement de ce qui m’entoure. J’évite juste de parler de choses trop intimes, comme ma
vie sexuelle. Surtout que ma mère lit mon blog !
Vous parlez de votre copain, de vos amis et de votre famille. Avez-vous déjà eu des soucis en les représentant?
Non, parce que je fais attention à ce que je raconte et je ne fais jamais de crasses à quiconque. La seule fois où ma meilleure amie a râlé, c’est quand je l’ai dessinée en train de réaliser
que son dessous de bras ballottait. Depuis, son frère de 15 ans se moque d’elle… Globalement, j’ai tout de même plus de sollicitations que de refus de la part
de mes amis. Ils sont contents d’être la vedette d’un post!
Avez-vous l’impression d’appartenir à une communauté?
C’est difficile à dire. Je n’ai rencontré Laurel et Margaux Motin que deux fois. Mais elles m’ont prise
sous leur aile, tout comme Line Tship, une illustratrice jeunesse très douée mais moins connue de la blogosphère. Ces artistes m’ont
guidée dans mon travail de graphiste free-lance, m’ont conseillée en matière de gestion et m’ont poussée à rencontrer des éditeurs.
Ce blog vous a-t-il permis de trouver du travail?
Oui, c’est même grâce à lui que j’ai obtenu tous mes contrats ! Dès le départ, il m’a donné une hygiène de travail : il faut lui consacrer du temps pour le maintenir vivant, pour qu’il
reflète correctement un travail. Après l’avoir lu, les éditions Fleurus m’ont contactée. J’ai obtenu quatre contrats, pour des livres comme
Le Dico des filles ou Mon Cahier à moi. J’ai rempli ces commandes en même temps que je faisais mes études à l’école Émile Cohl, et j’ai parfois eu des pics de stress quand mes
devoirs s’ajoutaient à ces projets. Mais je me disais que l’important était de travailler.
D’où vient votre surnom, Diglee?
Seule ma famille l’utilise. Mon diminutif est pourtant Mau – pour Maureen. Mais, un beau jour, me voyant toujours dessiner, mon beau-père m’a appelée "Digliani" en référence au peintre
Modigliani. C’est devenu Diglee, et je me suis juré de le garder comme pseudonyme si je devenais un jour dessinatrice.
Vous en êtes déjà à votre deuxième Festiblog…
La première année, c’était très intimidant : j’avais chaud et peur de faire de grosses bouses en dédicace… Mais voir des gens se déplacer et faire la queue – une chose que je déteste ! –
pour vous rencontrer est un grand plaisir.
Quels sont vos projets?
Je suis en train d'
adapter mon blog en album. J’ai aussi des projets publicitaires, et une idée de bande dessinée, qui n’aurait cette fois rien de
girly. Bien sûr, je veux aussi continuer le blog – tant qu’il n’y a pas d’internautes emmerdants et que je n’ai pas trop de boulot…
Je n'ai pas encore fait de
choix entre l'illustration et la BD, j'aimerai continuer à faire les deux.
Propos recueillis par Allison Reber